mardi 7 octobre 2008

Un roman russe, d'Emmanuel Carrère


Cela fait également un bout de temps que je n'ai pas fait de compte rendu de lecture. Pour tout vous dire, j'ai passé une bonne partie de l'été à lire 'Guerre et Paix' de Tolstoi, un bon pavé de 900 pages, pavé qui en fait ne représentait que le 1er tome de l'oeuvre, ce dont je me suis rendue compte aux 2/3 de la lecture... Donc je dois encore lire le 2ème tome (idem 900 pages - youhou!) pour vous en parler. Mais comme le médecin m'a dit de m'allonger plus souvent, je devrais y arriver facilement!
Entre temps, j'ai fait une pause avec d'autres ouvrages, et notamment 'Un roman russe' d'Emmanuel Carrère (vous me direz, on reste dans l'Europe de l'Est). Et ce fut la belle surprise du mois de septembre. Je suis incapable de dire si j'avais déjà lu un de ses romans, peut-être 'La classe de neige', qui avait reçu le Prix femina, mais c'était en 95 et j'ai oublié.
Voici le résumé (evene.fr) :
'La folie et l'horreur ont obsédé ma vie. Les livres quej'ai écrits ne parlent de rien d'autre. Après L'adversaire, je n'en pouvais plus.J'ai voulu y échapper. J' ai cru y échapper en aimant une femme et en menant une enquête. L' enquête portait sur mon grand-père maternel, qui après une vie tragique a disparu à l'automne 1944 et, très probablement, a été exécuté pour faits de collaboration. C'est le secret de ma mère, le fantôme qui hante notre famille. Pour exorciser ce fantôme,j'ai suivi des chemins hasardeux. Ils m'ont entraîné jusqu'à une petite ville perdue de la province russe où je suis resté longtemps, aux aguets, à attendre qu'il arrive quelque chose. Et quelque chose est arrivé : un crime atroce. La folie et l'horreur me rattrapaient.'
Il s'agit donc d'un roman autobiographique, mais c'est tellement bien raconté qu'on n'oublie vite le côté moi-je pour ne garder que le roman. L'auteur, également journaliste, nous emmène en Russie, et raconte le tournage d'un documentaire 'Retour à Kotelnitch' (sélection officielle au festival de Cannes 2003), à l'occasion duquel il repart sur les traces de ses ancêtres, fouille dans son passé, se remet en question, fait le point sur le présent. C'est tortueux, scabreux, difficile souvent. Ses relations avec la femme qu'il aime sont destructrices, ca fleure le Beigbeder comme je l'aime.
Pas la peine de raconter l'histoire en détail, ce qui compte dans ce roman c'est le cheminement de l'auteur. Et ce cheminement est excessivement bien mené; aucune coupure, pas de long melo, beaucoup de justesse, des états d'âmes complexes mais jamais larmoyants.
Bref, j'ai adoré, et je recommande chaudement.
Et vous, connaissez-vous cet auteur ?

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