mercredi 12 mars 2008

Balzac et la petite tailleuse chinoise, de Dai Sijie

Ca faisait longtemps que je passais devant ce roman lors de mes pérégrinations à la FNAC sans l'attraper, et je ne me suis résolue à l'acheter que le mois dernier. Je ne sais pas pourquoi, je n'avais pas envie de le lire, peut-être simplement parce qu'on le voyait trop dans les rayons. J'ignorais d'ailleurs que le livre, paru en 2000, avait donné lieu à un film en 2002.

J'ai donc fini par m'y attaquer, sans trop savoir à quoi m'attendre.

En 4ème de couv, un extrait du roman tient lieu de résumé:

'Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement. A l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts: à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais : Dickens, Kipling, Emily Brontë... - Quel éblouissement ! - Il referma la valise et, posant une main dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara : Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde.'

Finalement, c'est un roman assez surprenant, qu'on lit un peu comme un conte oriental alors même que l'histoire est très fermement ancrée dans la réalité, avec pour contexte historique celui de la révolution culturelle en Chine dans les années 70.
Je connaissais assez mal cette période, et ignorais qu'à l'époque, les jeunes gens issus de familles trop aisées étaient envoyés en rééducation dans les campagnes.
C'est le cas du narrateur et de son ami Luo, deux jeunes chinois citadins et lettrés, envoyés dans la montagne du Phenix du Ciel pour être rééduqués par les paysans. Dans un village proche de leur rizière, ils font la rencontre d'une jeune tailleuse, à qui ils vont faire découvrir leur trésor interdit : une panoplie d'auteurs occidentaux.

Il faut lire ce livre assez rapidement; dans le cas contraire, il semble qu'on perde un peu de l'ambiance qui s'en dégage. Ainsi, j'ai eu du mal à 'rentrer' dans le livre, puis, d'un coup, je l'ai achevé, me délectant alors plus de sa lecture.
Ce roman est joli, poétique. En le finissant je ne me suis pas dit "Wahou, excellent", et pourtant, il fait partie de ces livres "à lire", d'abord parce que l'écriture est soignée et agréable (à noter que l'auteur, de nationalité chinoise a écrit cet ouvrage en français, fait assez remarquable quand on sait qu'il a lui-même été soumis à la rééducation, et n'est arrivé en France qu'en 1984, à l'âge de 30 ans. Pour en savoir plus, voir sa biographie sur le site Evene), ensuite parce que, tout simplement, il relate une partie de l'histoire dont on ne parle finalement que peu dans nos contrées occidentales.

A lire, donc, ne serait-ce que pour votre culture.

Et vous, l'avez-vous lu? Qu'en avez-vous pensé?

1 commentaire:

maviedemaman a dit…

Je ne lis pas beaucoup, faute de temps. C'est un tort. J'ai transféré tout mon temps sur ma lecture de blogs... Je n'arrive pas à trouver un créneau lecture, hormis pendant les vacances d'été où là, pas de télé, pas d'ordi...
Tu en parles très bien, ça donne envie de le lire... mon homme lit énormément. Je vais lui en parler...
bye!