jeudi 14 février 2008

Eldorado, de Laurent Gaudé

Aujourd'hui, 14 février, je pourrais vous parler de la Saint Valentin, mais, non : mon homme n'est pas là, donc pas de raison que je glose sur cette fête dite 'des amoureux'.

Je vais donc vous parler d'Eldorado, le quatrième roman de Laurent Gaudé, paru en 2006.
J'avais lu Le soleil des Scorta (Prix Goncourt 2004), et m'étais régalée. C'était un livre clair, lumineux, poétique, travaillé tout en restant abordable.

J'abordai donc Eldorado avec cet a priori de soleil. La couverture, bleu des mers du sud (comme les cartouches) et le titre de l'ouvrage m'inspiraient confiance, et sérénité.

Même le résumé de la 4ème de couv, bien qu'annonçant un sujet plutôt grave, sentait la chaleur: " Gardien de la Citadelle Europe, le commandant Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d'intercepter les embarcations des émigrants clandestins. Mais plusieurs événements viennent ébranler sa foi en sa mission. Dans le même temps, au Soudan, deux frères s'apprêtent à entreprendre le dangereux voyage vers le continent de leurs rêves, l'Eldorado européen..."

C'est pour cela que j'ai été destabilisée en débutant la lecture. Car Eldorado est un roman grave. Peu de légèreté, que ce soit du côté du commandant Piracci ou des clandestins qui tentent de rejoindre l'Europe.
Pas de grand sentiment, pas de misérabilisme. Bien que fiction, le livre semble au plus proche des problématiques des émigrés. On parle tant de ces clandestins déjà sur le sol européen, qu'on en oublie qu'ils ont dû faire un long voyage pour l'atteindre. Non, les émigrés n'arrivent pas en quelques heures d'avion de leur pays à l'Europe.

Alors oui, j'ai eu du mal à rentrer dans le roman, mais j'ai persévéré et bien m'en a pris. Car, comme dans Le Soleil des Scorta, chaque phrase est un concentré de poésie. Mais Laurent Gaudé n'en fait pas des tonnes. Le ton est humble, les leçons de vie discrètes.

On déguste donc chaque page, mais de manière complexe : car comment concilier la beauté des mots choisis et la difficulté des situations contées?
Là est sûrement, selon moi, le génie de Laurent Gaudé (il n'a pourtant que 35 ans!), qui parvient à traiter des sujets si galvaudés dans des romans à l'allure de poèmes.

Et vous, qu'en pensez-vous ? Avez vous lu d'autres romans de Laurent Gaudé? J'aimerais bien lire 'La mort du Roi Tsongor' (prix Goncourt des Lycéens 2002), si vous avez des avis, je suis preneuse.

Aucun commentaire: