jeudi 24 janvier 2008

Moi, belle-mère


Crédits Image Le Musée Miroiteur

J'aime pas ce mot, belle-mère. Et pourquoi pas marâtre, tant qu'on y est?

Mais quand on est la deuxième femme d'un homme qui est déjà père, on devient, de fait, la belle-mère. On n'est pas obligé de le marteler à tous les coins de rue, mais je me suis rendue compte que, dans certaines situation, on n'a pas le choix.
La première fois que je suis allée cherché mon "beau-fils" à l'école, je l'ai entendu dire à ses copains "J'y vais les gars, y a ma belle-mère". J'ai failli défaillir. Ca faisait 1 mois ou 2 que je partageais le domicile familial paternel (en garde alternée), j'avais 23 ans, j'étais plutôt pimpante, et je me voyais coller ce nom saugrenu. Dans la voiture, au retour, je lui fais comprendre, de la manière la plus diplomate possible, que "belle-mère" ce n'est pas très joli. Il me regarde éberlué, et me répond "Bah, oui, mais quoi, c'est vrai, t'es ma belle-mère ! Tu veux que je dise comment?". Bah oui, fallait réfléchir Yoyo. J'ai pas su quoi répondre, alors j'ai acquiescé. Depuis, il s'en donne à coeur joie.

Quelques temps plus tard, je vais le chercher à un goûter d'anniversaire et me retrouve devant l'interphone. "Bonjour je viens chercher A., je suis la ...heu, sa belle-mère". Ben oui, j'allais m'emberlificoter dans une expression à la mort-moi-le noeud genre "Je suis la nouvelle compagne de son papa"... Le type de tournure qui fait pas du tout sûre de soit, qui accentue le statut de deuxième femme (en générale plus jeune, et c'est le cas) plutôt que de deuxième mère alors que, de fait, on en assume toutes les fonctions.

Et voilà, depuis, de dépit, j'utilise cette formule bien pratique. Encore l'autre soir, lors d'une réunion de parents à l'école primaire. La maîtresse ne me connaissant pas, pour lui parler d'A., j'ai bien dû me présenter. Alors j'ai dit que j'étais sa belle-mère.
Mais je continue de détester ce terme. Parce que dans les yeux des gens, je vois bien un air de condescendance; c'est un peu comme si on était au second plan; même si, accessoirement, c'est moi qui vais chercher les gamins après le boulot, les ramène à la maison, prépare le diner en faisant faire les devoirs, me tape la réunion à 19h, rentre en trombe pour que les enfants ne mangent pas trop tard, range la vaisselle, fais une lessive, etc... et me couche passablement fatiguée.

L'avantage que j'ai, c'est que mes beaux-enfants sont assez reconnaissants, bien éduqués par leur père. Et, leur mère étant relativement absente, ils acceptent assez bien ma présence. Néanmoins, je continue de penser qu'on n'est rien. Légalement, entre autre. Officiellement, j'ai pas le droit de signer les décharges et autorisations parentales; sauf qu'en pratique, quand je suis toute seule avec les enfants, je fais comment? Quand on n'a pas d'enfant, on nous regarde comme si on ne pouvait pas comprendre. Au boulot, je sens bien les gens interloqués de me voir prendre mes mercredis après midi et partir le soir à 17h30 pour être à l'heure à l'école. Alors que le rôle des belle-mères va aller crescendo, étant donnée l'évolution de la société, alors qu'on est de plus en plus nombreuses, il demeure une espèce d'omerta sur ce statut.
Non pas que je revendique une reconnaissance officielle. Mais quand même je m'étonne que l'évolution des moeurs s'arrête en chemin. Multiplication des divorces, c'est bien synonyme de multiplication des belles-mères non?
Pourtant, on en parle peu.

J'ai quand même trouvé un article sur la question plutôt bien fait et assez juste selon moi. A lire ici

2 commentaires:

fanette a dit…

Très intéressant ton post. C'est vraiment une question. Quand on a élevé un enfant, on devient un peu son parent,non? je me mets tout à fait à ta place. Tu as de la chance que les enfants soient gentils avec toi, c'est plus facile. Bon courage.

yoyo a dit…
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